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Accoucher avec ou sans péridurale ? Naissance d’un débat

Accoucher avec ou sans péridurale ? Naissance d’un débat

« Tu enfanteras dans la douleur. » L’injonction biblique aurait-elle désormais disparu par la grâce de la technique ? L’analgésie péridurale (la « péri ») qui atténue les souffrances des femmes durant l’accouchement est devenue la norme en France. Pourtant, alors que s’engage un débat sur les « violences obstétricales » dans les maternités, des voix s’élèvent parmi les femmes et les soignants pour remettre en question cette pratique qui engendre des naissances toujours plus médicalisées.

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Une technique efficace qui s’est développée rapidement

La péridurale consiste à injecter avec une aiguille un anesthésique local dans l’espace péridural, situé entre les vertèbres et la dure-mère. Administrée au cours d’un accouchement pour soulager les douleurs provoquées par les contractions lors du travail, elle permet aux femmes de rester conscientes et de préserver leurs facultés motrices : pousser pour faire sortir le bébé et parfois même marcher (péridurale ambulatoire). Sauf contre-indication médicale (problèmes de coagulation du sang, fièvre, tatouage), la péridurale peut être proposée à toutes les femmes.

Mise au point au début du XXe siècle, la technique s’est développée à partir des années 1970. Jusqu’alors, la souffrance était soulagée par des méthodes de préparation à l’« accouchement

Comment la naissance est progressivement devenue un acte médicalisé

Comment la naissance est progressivement devenue un acte médicalisé

Touchers vaginaux inutiles, épisiotomies à vif, obligation d’accoucher sur le dos… ces gestes médicaux réalisés quotidiennement dans les maternités françaises sont désormais considérées par certaines partientes comme des « violences obstétricales ». Combien, pourquoi ? Un rapport commandé durant l’été par la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, devrait éclairer ce sujet longtemps tabou.

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La recherche d’alternatives aux accouchements médicalisé avait déjà abouti en 2016 à l’ouverture de neuf maisons de naissance en France. Ces initiatives encore timides marquent un point de rupture par rapport à l’évolution historique de l’accouchement, qui est allée au fil des années vers plus de médicalisation, de maîtrise du risque et de la douleur.

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1 – Durant des siècles, donner la vie au risque de la mort

Traditionnellement dans l’histoire, les mères donnaient naissance à leurs enfants à la maison, avec l’aide d’une matrone (femme expérimentée) et des femmes de la famille, comme le détaillent le gynécologue Paul Cesbron et l’historienne Yvonne Knibiehler dans La Naissance en Occident (Albin Michel, 2004). Ni césarienne, ni anesthésie possible :

Le président philippin s’en prend à la justice française

Le président philippin s’en prend à la justice française

Célèbre tant pour sa sanglante campagne contre la drogue que pour ses sorties grossières, le président philippin s’en prend cette fois au système pénal français. Rodrigo Duterte avait promis, en campagne, de faire tuer usagers et consommateurs de drogue s’il était élu. Depuis son installation au pouvoir à Manille il y a un peu plus d’un an, il garantit l’impunité[La suite,,,…]

août 30, 2017 CliC MONDE, Le Monde.fr
Le torero espagnol Damaso Gonzalez est mort

Le torero espagnol Damaso Gonzalez est mort

Retiré depuis 2003, le torero Damaso Gonzalez est mort, samedi 26 août, à la clinique Quiron Pozuelo de Alarcon (Madrid). La mort d’un torero, en piste ou en clinique, n’a rien de particulièrement glorieux. Ce n’est pas une mort ordinaire. Elle fait penser. Né le 11 septembre 1947 à Albacete, Damaso Gonzalez avait 68 ans. Dans la catégorie bien connue[La suite,,,…]

Adel Hakim, auteur et metteur et scène, est mort

Adel Hakim, auteur et metteur et scène, est mort

La maladie de Charcot l’a terrassé : Adel Hakim, auteur, metteur en scène et codirecteur du Théâtre des Quartiers d’Ivry, est mort mardi 29 août, chez lui, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), entouré de ses proches, à 63 ans. Il avait tout mis en place pour bénéficier d’un suicide assisté, en Suisse, le 28 août, mais son état n’a pas permis qu’il fasse le voyage.[La suite,,,…]

Don DeLillo trompe la mort

Don DeLillo trompe la mort

Zero K, de Don DeLillo, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Francis Kerline, Actes Sud, 304 p., 22 € (en librairie le 6 septembre). Des êtres nus flottant dans des capsules. Des humains aux allures de mannequin alignés debout, les uns à côté des autres. On a vitrifié leurs corps, remplacé leur sang par un « liquide antigel » empêchant la formation de[La suite,,,…]

« La Corée du Nord a fait le choix d’attacher sa survie à une stratégie de menaces de plus en plus crédibles »

« La Corée du Nord a fait le choix d’attacher sa survie à une stratégie de menaces de plus en plus crédibles »

TRIBUNE. Le tir par Pyongyang d’un missile de moyenne portée ayant survolé le Japon mardi 29 août marque une étape nouvelle et grave. D’une part, lors des deux précédents événements du même type (1998 et 2009), la fusée avait été présentée comme le vecteur d’un paisible satellite. D’autre part, la Corée du Nord affirme qu’il s’agit là d’un élément de sa stratégie[La suite,,,…]

août 30, 2017 CliC MONDE, Le Monde.fr
Les mensonges d’un message qui dénonce le coût des soins accordés aux sans-papiers

Les mensonges d’un message qui dénonce le coût des soins accordés aux sans-papiers

Les clichés sur les supposés « privilèges » des migrants ont la vie dure. Un message qui circule actuellement par courriel et sur Facebook affirme ainsi que les résidents en situation irrégulière en France bénéficieraient d’une couverture de santé « 100 % gratuite », allant jusqu’au remboursement de cures thermales. Un mensonge parmi d’autres, glissé sous couvert de dénoncer le « scandale » supposé des prestations de santé accordées aux sans-papiers.

CE QUE DIT LA RUMEUR

Ce message, sur lequel un lecteur nous a interpellés sur Facebook fin août, circule en réalité à quelques détails près depuis au moins 2011 dans des chaînes d’e-mails et sur les réseaux sociaux. On en retrouve également la trace sur plusieurs blogs d’extrême droite comme françaisdefrance.wordpresse.com (un site qui nous apparaît peu fiable dans le Décodex). En voici les grandes lignes :

« CARTE VITALE. Nous payons 8.83 euros par mois à ceux qui vomissent la France et mettent le feu à nos voitures. […] J’ai découvert, sur le relevé de ma mutuelle, que je contribue désormais au financement de la CMU [à hauteur de] 8,83 euros par mois.

Saviez-vous que les “sans-papiers” bénéficient d’un remboursement à 100 %, sans aucun ticket modérateur, pour l’ensemble de leurs soins médicaux : médecine d’urgence, soins

La Calabre, pauvre, belle, nonchalante

La Calabre, pauvre, belle, nonchalante

Peu à peu, la Calabre est en train de devenir à la mode. Des sublimes stations balnéaires de Tropea et Scilla au fascinant point de vue sur le détroit de Messine qu’offre le bord de mer de Reggio, cette région de l’extrême sud italien commence à attirer les touristes, en dépit de sa réputation sulfureuse. Le New York Times lui-même[La suite,,,…]

« Non, nos obstétriciens ne sont pas violents. Ils sont simplement déjà d’une autre époque »

« Non, nos obstétriciens ne sont pas violents. Ils sont simplement déjà d’une autre époque »

TRIBUNE. Au beau milieu du premier été de ma retraite d’obstétricien a retenti le vacarme médiatique autour des violences obstétricales. Aurais-je été pendant trente années un obstétricien violent ? Que signifie cet opprobre lancé à toute une profession ? En fait, ce débat sur les « violences obstétricales » exprime, selon moi, sous une forme parfois hystérique, une revendication légitime.

Cette hystérie est fondamentalement une stratégie pour piéger la médecine. Elle consiste à lui renvoyer d’une façon théâtrale, son impuissance ou ses excès. Elle utilise un procédé que j’appellerai le « renversement scandaleux ». Le discours hystérique retourne les faits pour les présenter sous une forme scandaleuse. N’est-il pas scandaleux de couper à vif le périnée d’une patiente ? N’est-il pas scandaleux d’imposer une intervention chirurgicale pour accoucher les femmes ? Déclencher l’accouchement, c’est s’approprier une échéance qui n’appartient qu’à la nature.

On ne peut juger de la moralité d’un acte violent, si on n’envisage pas sa finalité

Ce discours nous présente l’épisiotomie, la césarienne, le déclenchement comme des violences. L’expression « violence obstétricale » a clairement une connotation morale. Elle suggère que les obstétriciens infligent des violences à leurs patientes. Or une violence faite à autrui n’est pas nécessairement malfaisante. Pousser violemment quelqu’un pour lui éviter d’être renversé par une voiture, c’est lui vouloir

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